Parapente Air-Design – Soar

Test voile light

Marque : Air-Design
Modèle : SOAR
Taille : S – 23m2

Test réalisé par Philippe Collet de l’école ALPWIND

Ptv de l’aile : 72/92

Poids de l’aile : 3,47 kg

Ptv Testeur : 86 kg

Sellette testeur : Cocon Kolibri

Description

La Soar est la nouvelle aile légère EN B+ de chez Air Design. L’aile est intégralement en Skytex 27 double enduction. Léger, ce tissu a maintenant démontré sa résistance et sa longévité dans de nombreux modèles de différentes marques. C’est un gage de qualité.
Les suspentes (aramid/edelrid) sont entièrement dégainées. Les élévateurs ont bénéficié du retour d’expérience de la Hero, autre voile light performante de la maque. Ils sont donc en dyneema et offrent un repose-main en tissu plat pour le pilotage aux arrières (B et C), très fonctionnel.
La connexion élévateurs/suspentage est réalisée grâce à des maillons. La drisse de frein coulisse dans un anneau céramique, les poignées de frein sont en sangle. Il n’y a pas d’émerillon pour éviter les torons, seule chose que, à titre personnel, je regrette.
Le bord d’attaque présente un joli shark nose de belle facture, les joncs sont en nitinol, un point important lorsque l’on imagine partir en vol bivouac et avoir à replier son aile un peu à l’arrache.
Le volume et le poids de l’aile en font clairement un parapente idéal pour les amateurs de montagne et de voyage.
L’allongement de l’aile est proche de 6, donc important. Toutefois Stefan Siegler est connu pour sa compétence à maitriser ce type de concept. Cela qui se vérifie complètement ici puisque, hors domaine de vol, la Soar offre des comportements doux et sains à la différence de certaines En b+ moins allongées mais plus puissantes.
Il est d’ailleurs à noter que pour une voile de ce niveau de performance et d’allongement le rapport d’homologation démontre une facilité surprenante.

Gonflage

Le démêlage de l’aile est assez clair, l’étagement du cône de suspentage permet une lecture rapide. On veillera à bien dégager les stabilos (notamment en préparation « bouchon ») pour éviter toute cravate intempestive au décollage mais rien de bien nouveau pour une aile de cet allongement.
L’aile écope vraiment très bien et le profil se construit rapidement. Chargée à fond il faudra temporiser la fin de sa montée, on peut utiliser la technique A dans une main et contrôle aux arrières pour une élévation parfaitement maitrisée de la Soar. Mais là encore rien de surprenant pour cette catégorie. En bref le gonflage permet d’imaginer sereinement des décos sur des spots de montagne exigus sans forcément s’inquiéter d’une aile compliquée à gérer.

En Vol

Dans la masse d’air la Soar fait preuve d’une belle vitesse bras hauts et d’une très bonne glisse. Sur des transitions calmes à Ivrea (Italie) j’ai été surpris de voir l’un de mes élèves me coller aux talons alors que j’étais sous une Zeolite Gt.
La Soar vous indiquera clairement où se trouve le thermique, le bout d’aile y est attiré comme un aimant !
La pression aux freins est directe, ferme et précise sans être épuisante. Là encore Air Design a fait de gros progrès.
L’aile offre une jolie maniabilité qui permet de se tenir dans le « petit » et de sortir de points bas au radada. J’ai pu tester cette capacité dans les pierriers du Val d’Herens alors que je serrais déjà les fesses…
Dans la turbulence la Soar est un peu plus vivante et un peu moins filtrée que sa cousine la Rise 4. La modularité de la pression interne et la capacité de la Soar à se déformer lui permettent aussi, à mon sens, d’encaisser un peu mieux les facéties de la masse d’air. C’est également une qualité qui vous permettra d’avoir un retour d’info efficace sans brassage inutile. La pénétration face au vent est bonne, on gagnera à pousser un peu l’accélérateur (souple et efficace) l’aile va se tendre et gagner en efficacité (à utiliser aussi en transition , meilleures perf !). A fond de barreau la vitesse est bien là, mais bien entendu le plané se dégradera.

Allez, boum !
En enroulant quelques thermiques face au Mont Blanc je prends un peu de hauteur pour maltraiter un peu ce nouveau jouet, voyons ce qu’il y a sous le capot…
En sortie de thermique ou de 360 le shoot est peu marqué, ce qui contraste avec une sortie de décrochage où l’aile ira chercher un peu plus loin dans la profondeur.
Le décrochage en deux temps est à privilégier vu l’allongement et le profil de l’aile.
Les frontales et fermetures asymétriques, accélérées ou non, sont aisément gérables sans mauvaises surprises.
Les Wings montent bien et on s’amuse vite à de belles envoyades.

Attérrissage

Le travail sur les basses vitesses est très sain, on pourra aisément les utiliser pour reposer au déco ou pour des top landing en vol-bivouac. Hé hé , ca parlera à tous ceux imaginant du vol rando !

Coté chiffres

J’ai toujours considéré que, dans la plupart des cas, les chiffres des tests étaient insuffisants ou inappropriés. Trop de paramètres entrent en comptent et certains, pourtant essentiels comme la capacité de pénétration ou de rebond dans des masses d’air irrégulières, sont rarement mentionnés.
Aussi je me contenterai de dire que la Soar est d’un niveau remarquable et utilisable, à la hauteur des meilleures ailes du moment, et que les seules limites seront les compétences de pilotage et de placement.
En revanche c’est clairement une aile que je considérerai pour tout projet de vol bivouac un peu engagé, où la sécurité passive et un comportement sain seront le gage d’un pilote avec un mental fort.
Au-delà de l’ensemble de ces points que l’on peut retrouver dans chaque test j’insiste sur le confort général de cette Soar.
Le ratio performance/facilité/agrément de pilotage est tout simplement bluffant. Il faudra d’ailleurs ne pas oublier que cette voile s’adresse bien à des pilotes confirmés tant elle parait abordable.